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 ϟ Contexte

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Game Master

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MessageSujet: ϟ Contexte   Lun 6 Avr - 21:06

Le contexte





« C’est quoi ce bordel ?
Dundee, Ecosse, le 23 août 2014


Depuis trois jours, le nord-ouest de l’Ecosse subissait des températures estivales extrêmes qui avoisinaient les trente-deux degrés. L’absence de la moindre brise rendait l’air quasi irrespirable et obligeait les habitants de Dundee à se retrancher chez eux. Il devait être aux alentours de vingt-et-une heures trente. Derrière les buildings, les derniers rayons du soleil s’étaient couchés, plongeant la ville dans la pénombre. Comme à son habitude, le crépuscule amena avec lui la fraîcheur de la nuit. Et d’étranges bourrasques de vent.

Adossé à la devanture du bar dans lequel il travaillait, Owen pianotait nerveusement sur le clavier de son téléphone portable. Entre une tournée de shooters et trois wisky-coca, il avait réussit à s’éclipser rapidement de son comptoir ; son unique occasion d’envoyer à jolie petite femme un long texto écœurant de regrets quant au fait d’avoir oublié leur anniversaire de mariage. Il tira sur le mégot de sa cigarette, la dernière avant une longue nuit de travail derrière le comptoir à agiter son shaker, avant de souffler la fumée au-dessus de sa tête et de se remettre à son message.

« Bouge de là, mec ! » Sans ménagement, un jeune homme roux le bouscula, se hâtant de pousser la porte du bar avant de s’y engouffrer. Sonné, le barman mit un instant à comprendre ce qui venait de se passer, et un instant de plus à comprendre ce qui se passait maintenant. Balayant le ciel de son regard azur, il remarqua les lueurs blafardes qui déchiraient les nuages menaçants. Peu après, le fracas du tonnerre retentit à quelques pâtés de maison. Tiraillé entre terreur et admiration, Owen resta immobile face à l’orage durant un moment qui lui sembla durer une fraction de seconde, alors qu’une pluie torrentielle s’abattait désormais sur la ville. Pétrifié, sa clope consumée entre les doigts, il observait le spectacle chaotique qui se jouait sous ses yeux. Sur la chaussée inondée, un étrange reflet grisâtre attira son regard. Bordel, mon téléphone.. Owen fit un pas vers la chaussée et quelque chose le frappa sur le haut du crâne. Et plus rien..  

« Pas de sanctuaire.
Dundee, Ecosse, le 8 février 2016


La pièce n’était éclairée que par la lueur jaune et aveuglante d’un luminaire halogène qui retombait au-dessus d’un massif fauteuil en cuir noir. La nuit était tombée et les volets des fenêtres avaient été fermés. En dépit du couvre-feu, les rues étaient loin d’être sures et chaque famille avait pris ses habitudes pour se protéger. Dans un angle opposé de la pièce, le poste de télévision affichait le journal des informations du soir. Installé dans le fauteuil, Jeffrey Rhodes gardait les yeux rivés sur l’écran. Natif de Dundee, Jeffrey y avait passé toute sa vie, y avait vu grandir ses enfants et y avait forgé une carrière impressionnante au sein de la police. Il venait d’entrer dans sa seizième année de travail au service de l’Etat et de la sécurité. Ancien brigadier, il avait gravit les échelons et aujourd’hui, profitait pleinement de son statut d’enquêteur.

Il augmenta le volume, buvant les paroles de la petite journaliste brune à l’écran. Les quatre cas de disparitions et la découverte de deux cadavres sur la plage le mois dernier avaient fait beaucoup parler. Ces faits tragiques venaient s’ajouter à la violence et la barbarie qui régnaient en ville, terrorisant davantage la population.

Jeffrey se renfrogna au fond de son fauteuil. Un an plus tôt, l’affaire Owen Leask avait également fait couler beaucoup d’encre quand on a retrouvé son corps calciné au fond d’une ruelle. Il se rappelait avec une clarté déconcertante l’effervescence qui avait suivi, lorsque la veuve Leask avait déclaré à la presse que son défunt époux possédait une étrange faculté de pyrurgie depuis l’orage du mois d’août 2014. La publication de cette interview avait été l’élément déclencheur d’une incroyable réaction en chaîne : de nombreux habitants contactaient le journal afin d’apporter leurs témoignages pour des faits similaires. Il se rappela sombrement qu’il avait lui-même songé à raconter son histoire avant de se raviser. Durant plus d’un an, il avait garder pour lui seul son secret, sa malédiction. Depuis l’orage, il avait la capacité de prendre l’apparence d’un gros rat gris. Une capacité terrifiante qui ne lui avait inspiré que du dégoût et qu’il prenait grand soin à ne dévoiler à personne et ce, même après la Grande Révélation du 27 février 2015, qui annonçait et légitimait l’existence des pouvoirs. Peu de temps après la Grande Révélation, au cours d’une enquête de routine, il avait fait la connaissance de Calum Weaver, petit dealer et fumeur occasionnel. Un paumé qui aurait finit au poste s’il n’avait pas eu un don très particulier. En une poignée de main, le dealer avait extrait la malédiction de Jeffrey, le libérant de son secret et de sa honte.

Puis les évènements avaient pris une tournure différente : au sein de la population comme du gouvernement, les avis s’opposaient. D’un côté, la tolérance et l’ouverture d’esprit, et de l’autre, parti pris pour la cause anti-pouvoir. Plus les mois passaient et plus l’opinion anti-pouvoir tendait à accuser ceux qui en possédaient un d’être à l’origine des multiples crimes commis en ville. Pour des raisons évidentes, Jeffrey quand à lui avait préféré ne pas émettre d’avis public sur la question.

« … qu’il est dorénavant obligatoire pour tous les « infectés » de se présenter à la Mairie dans les plus brefs délais, afin de procéder à un recensement. » La mine du flic s’assombrit. Son regard quitta le poste de télé et se perdit quelque part dans le vide. Les « infectés », c’est ainsi qu’on appelait désormais les malheureux frappés par la foudre lors de l’orage et qu’on allait, visiblement, bientôt lyncher en public au nom de la justice. S’il n’était pas un jour tombé par hasard sur Weaver, lui aussi aurait été jugé « infecté ».  Son esprit d’enquêteur se mit à bouillonner. Il n’y avait qu’une seule raison pouvant expliquer la création de cette nouvelle loi : on listait les gens pour pouvoir les chasser.

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